mardi, 25 mars 2008
MONSIEUR LE PROCUREUR
« Monsieur le Procureur,
Il ne voulait pas de mon âme et j’ai donné mon corps.
A moi, il ne donnait presque rien,
Un peu de tendresse suffisait.
Les roses des premières semaines avaient disparu,
les soirées à l’extérieur.
Les journées avec lui avaient disparu.
Ne restaient que quelques heures volées à la nuit,
Quelques heures qu’il m’accordait en pâture
pour quelques minutes de plaisir.
Les hommes paient les putes en argent sonnant et trébuchant ;
Lui, Monsieur le Procureur, me payait en mots éphémères
et en mensonges.
J’étais son miroir, son objet de vanité, sa source de plaisir,
Il me prenait,
Il me jetait,
Avec ma bénédiction.
Je me vendais par peur de le perdre.
Je lui donnais mon corps à ronger pour qu’il en extirpe
un orgasme fugace.
Je me suis laissée piétinée par amour.
Je me suis trahie par amour.
Je me suis vendue par amour.
Et par amour pour Moi-Même, Monsieur le Procureur,
Je lui ai planté ce couteau dans le ventre. »
22:53 Publié dans POESIE CRIMINELLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : par amour, crime passionnel
mercredi, 19 décembre 2007
OPHELIA
« Et après ?», il disait. Il demandait toujours : et après ? Inlassablement. Cette voix dans ma tête. Il est parti, un jour. Comme ça. Sans rien dire.
Et après plus rien.
Je l’imagine qui entre, franchit le seuil de la porte. Il appelle. Doucement. Il avance à pas lents dans le salon vide. Il tourne la tête à gauche, puis à droite. Rien. Le silence seul lui répond avec cynisme. Un cynisme que bien sûr il ne perçoit pas. Je l’entends à présent dans le couloir. Ses doigts traînent le long du mur. Il pousse la porte de la chambre à coucher. Je n’ai pas laissé de lettre. Cela aurait été inutile. Personne n’aurait compris. Il se tient à présent au pied de la baignoire. J’espère qu’il regrette. Je me suis maquillée. Je me suis épilée. Pour être jolie. J’ai parsemé l’eau de pétales de roses. J’ai fait tout cela. Pour lui. Pour qu’il m’aime. Pour qu’il ne m’abandonne plus jamais.
Je me suis délicatement coupée les veines. Dans l’eau chaude, cela ne fait presque pas mal. Je lui ai offert mon sang. Mon sang contre son retour.
Il s’est énervé. Il n’a pas compris.
Personne n’a jamais compris ma déchirure, même pas lui.
Alors, quand il m’a placée dans cet hôpital psychiatrique, je lui ai murmuré au creux de l’oreille : et après ?
10:05 Publié dans POESIE CRIMINELLE | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ophélia, suicide, temps
samedi, 26 mai 2007
AFFAIRE CLASSÉE
Quelques instants avant le crépuscule
Des corps moites,
Une lumière molle orangée, les enveloppe
Au dehors,
Les hirondelles commencent leur ballet, la chasse est ouverte
Un parfum lourd inonde la pièce d’effluves musquées
Les lumières de la ville s’éveillent lentement,
Dans la cuisine Mani laisse couler l’eau sur la lame.
Une nuit noire, sans lune,
Des corps froids,
Une lumière blafarde les enveloppe
Au dehors,
Les rats commencent à guetter leur dîner
Un parfum âcre inonde la pièce d’exhalaisons nauséabondes
Les lumières de la ville s’éteignent lentement,
Dans la cuisine les policiers cherchent une lame correspondant à la taille des blessures.
L’aube pointe ses premiers rayons
Les corps offrent leurs entrailles au médecin légiste
La lumières des néons les enveloppe
Au dehors,
Les balayeurs commencent leur valse matinale
Un parfum mentholé inonde la pièce de senteurs rafraîchissantes
Les lumières du laboratoire s’éteignent,
Mani remettra son rapport dans quelques heures,
Aucun indice probant, affaire classée.
10:46 Publié dans POESIE CRIMINELLE | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : CRIME, POESIE
lundi, 26 mars 2007
Dans une Solitude, Cotonneuse, Nostalgique et Avide
Un soir de tendre ivresse…
Dans une solitude cotonneuse, nostalgique et avide,
Quand le vin parfumé s’épand lentement dans mes veines
Quand l’ivresse pénétrante prend possession de mon corps
Quand l’alcool monte lentement jusqu’à envahir mon esprit
Et ralentir le claquement de mes doigts sur le clavier
Dans une solitude cotonneuse, nostalgique et avide,
Quand les touches s’emmêlent tant la maîtrise s’enfuit
Quand le poison s’épand tel un serpent dans mes veines
Quand mon crâne s’alourdit
Et qu’un poids inexistant l’amène à s’enfoncer dans les méandres du sommeil
Dans une solitude cotonneuse, nostalgique et avide,
Quand la musique transpire de mes pores
Quand la drogue imprègne insidieusement les contreforts de ma conscience
Quand magie et folie sont limogées au profit d’un doux laisser aller
Une descente amortie dans les profondeurs du néant, du nectar, du sommeil
Un voyage artificiel au tréfonds de soi-même
Et déjà je sens s’épandre délicieusement
Les exhalaisons palpitantes de ton corps près du mien
23:00 Publié dans POESIE CRIMINELLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Ivresse, solitude
samedi, 17 mars 2007
Fantasmes vampiriques -2-
Envie
Solitaire démon
qui traîne ses hauts talons
dans les rues élégantes
Déterminée, elle sait qu’elle trouvera sa proie
Et lui chuchotera, sensuelle et tranchante
« sombrons mon jeune ami dans les bras du démon
sur l’autel du péché
tu connaîtras les joies
des immortels damnés
je croquerai pour toi
des pommes empoisonnées »
L’imbécile suivit. Loin de goûter au fruit,
Le vampire affamé, de son sang se nourrit.
17:33 Publié dans POESIE CRIMINELLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Vampire
Fanstasmes vampiriques
Vampire
Quand le ciel se drape d’une obscure parure étoilée,
J’entrouvre les paupières pour admirer les cieux.
Bannie du paradis, éternellement damnée
Pour des fautes commises par de sombres aïeux,
Fantôme de la nuit, avide, je serpente.
J’écoute, je guette, je flaire, l’innocence sensuelle
Qui s’égare parfois dans les rues qu’elle arpente.
Tentation suave, effluve pénétrante,
Immortelle sublime, dissimulée dans l’antre
D’une porte cochère, je retrousse les babines,
Fond sur la tendre chair, et croque avec délice.
Le long d’une bouche avide, le nectar dégouline
J’aspire telle une abeille, ma petite langue glisse
Sur l’artère éclatée de la jeune novice.
Innocence réincarnée
« J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans »
Je récitai Baudelaire, le ciel étincelait
Innocente jeunesse qui me faisait errer
Dans les rues de Paris, sous le ciel étoilé.
Réincarné en femme j’apprivoisai mon corps,
Déhanchai mon bassin, exorcisai mon sort.
Virilité, machisme, puissance, je vous abhorre !
Libéré des atours du mâle dominant,
J’apprenais à séduire d’inconscients prétendants.
Je balançais la jupe, le feston et l’ourlet,
Quand surgit brusquement de l’ombre mon amante.
Babines retroussées, son mortel baiser happa le lait
Vermeil qui surgissait tel une fontaine de sang
De l’artère palpitante qu’elle avait entrouverte.
17:32 Publié dans POESIE CRIMINELLE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Poème, vampire






















