jeudi, 22 mai 2008

SUR LE PAS DE LA PORTE

Le temps des adieux approchent
Les souvenirs abondent
Réminiscences nostalgiques
Musicales

Judith prend sa valise, la ville s’éveille, chacun de ses amis dort encore
De la terrasse, son regard s’attarde sur le minaret que la lumière du matin enveloppe.
Droit, péremptoire, orgueilleux,
Une tour carrée couleur sable au milieu d’une nuée d’immeubles blancs aux paraboles anarchiques.

L’appartement est vide.
Sa vie tient dans cette valise,
Les souvenirs s’entrechoquent lorsque le premier rayon de soleil pointe
Ici, Enivrée, elle avait dansé jusqu’à l’aube,
Ici, Elle avait pleuré lorsqu’il lui avait dit qu’il ne voulait s’engager,
Ici, Elle avait senti la solitude et s’était accrochée à ces hommes, passagers de sa propre vie
Ici, Elle avait connu l’espoir, la déception, le dépit, l’attente, l’excitation,
Ici, Elle avait appris la liberté.

C’est en liberté qu’elle prit sa valise et s’offrit une nouvelle vie,

Sans port d’attache, seule, Judith continue son errance,
En quête de nouveauté.



podcast

Puppini Sisters, Mr Sandman 

jeudi, 30 août 2007

PAS DE DEUX, À TROIS

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« Ne hâte pas cet acte tendre,
Douceur d’être et de n’être pas,
Car j’ai vécu de vous attendre,
Et mon cœur n’était que vos pas »
Paul Valéry, Les pas

L’un posséda son corps l’autre détenait son âme.
 
 podcast
 

  Ils erraient le long des rives du Bosphore main dans la main, ils s’enivraient de vin au son de vieilles chansons françaises, ils ne voulaient pas se quitter et savaient que c’était possible,
pour une nuit.
 L’impossible histoire de deux êtres qui frôlaient la folie de l’amour, qui sombraient dans un romantisme effréné
lorsque leurs pas se rencontraient.
Une aventure insensée, une histoire volée aux normes et aux principes. Une rencontre comme un trésor que l’on touche
une fois dans sa vie.
Ce soir, son œil triste regarde le ballet des bateaux sur le Bosphore, les lumières scintillantes d’Istanbul, elle ressent la magie que seules peuvent exprimer une image,  une musique. L’image de l’ancienne Byzance
et les vieilles chansons d’amour françaises.
 
 
 
podcast

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Quand son corps souffrait, ce n’était cependant pas cet homme qui calmait sa douleur.
Celui qui l’enlaçait nu dans sa cape de satin noir, celui qui la pénétrait tout en enfonçant suavement ses dents pointues au dessous de son oreille pour lui prendre sa peine. Celui avec lequel elle tournoyait au dessus du Bosphore. Celui qui hantait son âme et auquel elle s’accrochait,
c’était L’autre.
Son bel adolescent, drogué, petit garçon, adulte sensuel, éphèbe, empli de douceur, d’inexpérience
et de sensualité exacerbée.
Celui qui comprenait Baudelaire et les vampires.
Lui qu’elle s’apprêtait à retrouver à nouveau, loin des aventures passionnées.
Lui.
Omniprésence de son âme.
                      Désir avide de son corps malmené.
 

jeudi, 17 mai 2007

EVASION


podcast
Ekova, "Sabura"

Une route s’étire de nuit. Mes yeux suivent les pointillés blancs qui défilent, saccadés, furtifs. Je ne sais où je vais mais la voiture avance. La musique m’envahit. J’appuie sur la pédale. Les pointillés accélèrent leur course folle. Ils sont devenus semblables à une ligne continue qui accompagne la mélodie sinueuse.

Un taxi. A l’arrière. Ma tête cogne contre la vitre. Les lumières ne sont que traînées de feux multicolores.

Le ronronnement du bus. Les veilleuses enveloppent l’atmosphère d’une obscure clarté qui me berce.

Un train en croise un autre, leur salut est une succession de chocs métalliques sourds rythmés qui me sort de ma torpeur.

Le grondement monotone des réacteurs, l’aile de l’avion à ma gauche. Le hublot noirci et toujours les veilleuses.
Poser le pied sur un nouvelle terre, sentir l’air chaud, humide, un climat inconnu que le corps absorbe, goûte, intègre. Descendre les marches qui me séparent du tarmac, poser le pied sur ce bitume collant, suivre le flot des passagers. Passer la douane, récupérer ses bagages, repasser la douane et sortir : seule et libre dans un pays inconnu, perdue, grisée, avide. Le monde est entre mes mains, je me sens conquérante.
Sensation intense, mélange de méfiance et d'excitation.

Fermer les yeux. Tant de voyages, en partance pour un ailleurs.

Les bruits, la lumière. Compagnons sages et timides. Atmosphère.

Et des visages, éphémères, croisés. Et des doigts, effleurés. Et des mots, échangés.

Des bribes de souvenirs
Une profusions d’images
Qui me nourrissent
Auxquels je m’accroche,
en attendant de partir, à nouveau.

samedi, 28 avril 2007

THANK U SATAN

Bêtises, conneries, mensonges, marionnettes des uns et des autres.
La société humaine est une vaste mascarade organisée où chacun presse l’autre dans le but de tirer profit.
Prier pour gagner le paradis, donner de l’amour pour en recevoir, mentir pour de l’argent, mentir pour un orgasme, donner aux pauvres pour apaiser sa conscience, point d’acte gratuit, point de compassion, point de charité.
Charognards, prédateurs, proies, tous vêtus de jolis costumes, tous respectant une étiquette, tous balançant entre instinct et société, bassesse cachée, façade soignée, médisances, langue de bois, sincérité enterrée, franchise inexistante.
Vers de terre, asticots, cafards, serpents, araignées, ils grouillent, ils se bouffent et se déchirent. Seuls le plaisir, le mensonge et le péché les séparent de ces animaux.
Ils ont la conscience et s’en servent pour tromper. La conscience au service de son petit profit, la conscience au service de son bien être.
Nous sommes comme eux, nous faisons partie d’eux, ils ont fait de nous ce que nous sommes.
Un seul être chimérique auquel s’identifier, un « complice subtil » que l’on peut remercier :
THANK U SATAN

podcast

Pour la flamme que tu allumes
Au creux d'un lit pauvre ou rupin
Pour le plaisir qui s'y consume
Dans la toile ou dans le satin
Pour les enfants que tu ranimes
Au fond des dortoirs chérubins
Pour leurs pétales anonymes
Comme la rose du matin

Thank you Satan

Pour le voleur que tu recouvres
De ton chandail tendre et rouquin
Pour les portes que tu lui ouvres
Sur la tanière des rupins
Pour le condamné que tu veilles
A l'Abbaye du monte en l'air
Pour le rhum que tu lui conseilles
Et le mégot que tu lui sers

Thank you Satan

Pour les étoiles que tu sèmes
Dans le remords des assassins
Et pour ce cœur qui bat quand même
Dans la poitrine des putains
Pour les idées que tu maquilles
Dans la tête des citoyens
Pour la prise de la Bastille
Même si ça ne sert à rien

Thank you Satan

Pour le prêtre qui s'exaspère
A retrouver le doux agneau
Pour le pinard élémentaire
Qu'il prend pour du Château Margaux
Pour l'anarchiste à qui tu donnes
Les deux couleurs de ton pays
Le rouge pour naître à Barcelone
Le noir pour mourir à Paris

Thank you Satan

Pour la sépulture anonyme
Que tu fis à Monsieur Mozart
Sans croix ni rien sauf pour la frime
Un chien, croque-mort du hasard
Pour les poètes que tu glisses
Au chevet des adolescents
Quand poussent dans l'ombre complice
Des fleurs du mal de dix-sept ans

Thank you Satan

Pour le péché que tu fais naître
Au sein des plus raides vertus
Et pour l'ennui qui va paraître
Au coin des lits où tu n'es plus
Pour les ballots que tu fais paître
Dans le pré comme des moutons
Pour ton honneur à ne paraître
Jamais à la télévision

Thank you Satan

Pour tout cela et plus encor
Pour la solitude des rois
Le rire des têtes de morts
Le moyen de tourner la loi
Et qu'on ne me fasse point taire
Et que je chante pour ton bien
Dans ce monde où les muselières
Ne sont plus faites pour les chiens...

Thank you Satan !
( Reprise de Dyonisos/ paroles Léo Férré)

mardi, 24 avril 2007

ADULTERE EN MUSIQUE

En attendant de reprendre la plume, ou plutôt le clavier... un petit clin d'oeil, certes vieillot, je le concède mais qui a l'art de redonner le sourire en ces temps d'élections bien amers...
Ecoutez..
podcast

mardi, 17 avril 2007

CONTRASTES


podcast

« Tuerie aux US : 32 morts »

Des corps
Humides
Toujours humides

« Les médias se déchaînent dans les minutes qui suivent le drame
CNN promeut de simples étudiants reporters »

Des lèvres

« Les voitures de polices s’élancent
Des sirènes et des coups de feux retentissent »

Ses lèvres
Veloutées

« Le monde se tourne vers une université de Virginie »

Son corps léger, élastique, insaisissable
Un oiseau qui se débat au creux de ses mains et dont elle tente de contrôler l’envol

« Au grand jeu de massacre, Colombine perd son titre »

Au creux de ses reins,
Intime, doux, lisse

« Des millions de voyeurs se pressent sur Youtube où déferlent les premières images
Encore plus d’images »

La chair est chaude, tendre,
Elle s’offre et se refuse à la langue avide qui lèche les contours de cette antre interdite

« Les familles fulminent
Les cours auraient dus être interrompus dès l’annonce des deux premiers morts, à 7h15
Encore des images, encore… »

Glisser
Plus au nord
Mais le sud attire, hésitation mutine

« Tristesse, indignation, fatalisme au pays de l’Oncle Sam
Horreur sans surprises
Encore
Encore »

Coup de langue furtif, pour goûter,
Un peu plus… avancer à pas de louve timide

« Les médias se sont détournés des terroristes pour quelques heures
Encore des images, Virginia Tech, encore »

Découvrir davantage à chaque étreinte
Repousser la morale, émanciper les principes

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… un souffle…

L’attente sera longue…
Jusqu’à la prochaine fois

Là bas, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté

Là-bas, tout n’est qu’ordre et hideur, fric, carnage et folle fureur

vendredi, 13 avril 2007

"ROAD TRIPPIN'"

Souvenir d’une nuit
Des amis
Un bar brésilien
Des mojitos
Une atmosphère surchauffée dans un lieu minuscule
Surpeuplé
Sueur et parfums se mêlent
Des regards s’échangent
Des mots
De furtives caresses

Le jour se lève dans un appartement inconnu
Nue sur le canapé
Seule pour quelques instants

Appuyer sur play et se laisser gagner par la musique

podcast

Une silhouette apparaît
Le temps des adieux sonne
Les regards se croisent tendrement

Sucer les deniers instants
Et puis s’en aller
Tout simplement
Le sourire aux lèvres