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jeudi, 14 juin 2007

ADELINE SERPILLON ET LA PATATE

Pincer un vieux morceau de pastel poussiéreux pour former des traits qui, on l’espère, ressembleront à quelque chose. Tapoter le clavier pour former des phrases qui on l’espère génèreront un texte intéressant. Parfois l’envol artistique est d’une facilité déconcertante, on s’étonne, on se murmure « c’est moi qui aies fait ça ? ». Et parfois force est de constater que nos petits doigts guidés par nos petits esprits ne sont capables que de pitoyables œuvres : sans queue, sans tête, pas assez belles pour émerveiller, pas assez laides pour horrifier. Telle est à mon avis la qualité de cette patate : d’une médiocrité déconcertante.

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RESTONS DANS LA THEMATIQUE ET JOUONS UN PEU AUX DEVINETTES...  

QUI A DONC COMMENCÉ SON UNIQUE ROMAN PAR CE PORTRAIT QUI METAMORPHOSE UN PERSONNAGE INSIPIDE EN HEROINE? (ou qui a réussi à sublimer dans son art la ménagère de moins de 50 ans...?

« Adeline Serpillon appartenait à une écrasante majorité de mortels qu’on n’assassine pratiquement pas. Elle n’avait pas d’argent, pas d’amour, pas de haine, pas d’attraits. Ses convictions politiques l’amenaient à conspuer doucement les augmentations de prix du gaz, rarement au-delà. Elle était moyenne avec intensité, plus commune qu’une fosse, et d’une banalité de nougat en plein Montélimar. Hormis le chat gris mou qui dormait sur son lit, personne ne se retournait sur elle, et encore moins dessous. Depuis quarante ans, elle rapetissait à petits pas derrière le comptoir de bois ciré de sa mercerie qui sentait le miel et la sciure fraîche, sans qu’on le prît jamais en flagrant délit de bonne ou de mauvaise humeur. A la Libération, elle avait un peu tressailli dans les bras d’un SS en déroute qui remontait d’Oradour et bandait ferme encore. Il l’avait écartelée contre le grand chêne torturé qui glande toujours par-delà son jardin, entre la Dordogne et la Haute-Vienne. Parfois, en suçant sa tisane au crépuscule, elle regardait cet arbre immuable et revoyait les yeux battus aux cils brûlés de son bourreau vaincu qui sentait la fumée froide, la poudre et la mort, et l’alcool à cochons. On ne lui connut jamais d’autre liaison, pour la bonne raison qu’elle n’en eut point ; sa fadeur naturelle l’abritait puissamment de l’amour autant que des mépris. Ainsi paraissait-il improbable à chacun qu’Adeline Serpillon mourût assassinée…"

   Vous avez reconnu l'auteur ou vous donnez votre langue aux rats?
 

 

Trackbacks

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Commentaires

Alors là j'en sais rien!
Je suis pas très calé en littérature...

Ecrit par : pitch | jeudi, 14 juin 2007

Bonsoir judith. :-)

Ecrit par : Mues | samedi, 16 juin 2007

Elle est rigolote ta patate, elle me fait penser à un E.T. femelle.

Quant à Adeline Serpillon, il me semblait bien que je connaissais ... J'ai quand même fait le rat.

Je t'ai invitée à suivre une chaîne, là ==>

http://abrutid-chien.hautetfort.com/archive/2007/06/28/chaine-de-7.html

Bon, ce n'est pas trop le style de ton blog. Si tu ne veux pas suivre, ce n'est pas bien grave.

A ++.

Ecrit par : Maxie | mardi, 03 juillet 2007

Juste une peinture en 1991 ou 1992.
comme c'est loin ...

Ecrit par : sans queue ni tête | mardi, 08 avril 2008

l'excellentissime Pierre Desproges, son unique roman qu'il faut absolument lire. C'est dire je n'arrive jamais à lire plus de 2 pages, tellement je rie...

Ecrit par : antoine | mercredi, 28 mai 2008

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