dimanche, 06 avril 2008

JOUISSANCE


Les règles- ou une semaine à se débarrasser d’un résidu de fœtus pas encore formé. Elle avait flippé cette fois, même fait un test de grossesse, le premier de sa putain de vie. Il avait pas marché le test, bizarre hein ? n’empêche, elle avait bien mouillé d’angoisse durant de longues heures. Un mioche. Pour sûr, elle en voulait un. Mais là, c’était pas possible. Alors il y aurait fallu tuer le têtard. Elle aurait sans doute eu du mal à s’en remettre.
Et puis, le sang avait coulé emmenant dans son flot , angoisses et résidus utérins.
Une semaine sans baiser. C’est pas qu’ils voulaient pas affronter les draps sales, juste qu’un truc pareil, ça calme les ardeurs. Et d’un autre côté, ça les attise aussi : attendre pour que l’orgasme et le désir s’exacerbent lentement.
L’explosion eut lieu hier soir. La totale. Léchage, emballage, carressage, devant, derrière, sur le côté, tête au con, tête à queue, délires charnels extatiques quand des doigts agiles titillent le clito à fleur de peau, s’arrêtent, effleurent, relâchent pour palper encore, et le plaisir monte, stagne, appelle, hurle, franchit un nouveau pallier, se calme  avant la tempête finale de soubresauts, décharge intense, chahut des sens, le corps se cabre et se relâche. Sur son épaule. Sentir sa peau, plonger dans son regard, sourire complice. Elle reprend ses esprits, l’attire, et c’est reparti. Encore. Encore.Encore.
A force de jouer au jeu du sans capotes, elle s’était retrouvée au planning familial mais là y’avait plus de mec. A force de discours moraux elle avait changé d’avis et gardé le têtard. Le mec est peut être revenu, ça l’histoire le dit pas. Mais elle, ce qu’elle espère c’est que c’est ce soir là qu’il a été conçu. Parce que ce serait joli, plus joli qu’une pauvre fille qui s’envoie trop en l’air avec un enfoiré qui a pas les couilles d’être père.

mercredi, 02 avril 2008

ATTAQ-PART 2. Cauchemar

 

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Allongée sur le sol dans l’espace infini
Le ciel noir étoilé m’entoure

Huit pattes forment les murs de ma prison
Un corps noir
Au dessus du mien

L’abdomen s’ouvre laissant échapper une langue brune
Deux couperets sont les lèvres

L’araignée plante sa patte dans mon crâne résigné
Les deux crocs s’approchent de mon thorax
Me coupent en deux parts au niveau du plexus

Je saigne

Mes morceaux entrent dans le gouffre
Malaxés par la langue
Broyée par des dents humaines

Liquide visqueux dans un estomac trop grand
Je ballote de part en part à mesure que mon contenant se ballade

Excréments pulvérisés dans le noir infini
Des gouttes de ce que j’étais se perdent dans l’espace

Emportés par le néant

 

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jeudi, 27 mars 2008

VAGUES A L'AME

De vagues idées
Divaguent en cadence
Vaguement décadentes
Cadencées par instants
Décalées inconstantes

Et mon cœur apaisé
De rancœur expulsée
Vogue en paix

Sur ces vagues idées
Qui divaguent en cadence
Vaguement décadentes
Cadencées par instants
Décalées inconstantes


mardi, 25 mars 2008

MONSIEUR LE PROCUREUR

« Monsieur le Procureur,

Il ne voulait pas de mon âme et j’ai donné mon corps.

A moi, il ne donnait presque rien,
Un peu de tendresse suffisait.

Les roses des premières semaines avaient disparu,
les soirées à l’extérieur.
Les journées avec lui avaient disparu.
Ne restaient que quelques heures volées à la nuit,
Quelques heures qu’il m’accordait en pâture
pour quelques minutes de plaisir.

Les hommes paient les putes en argent sonnant et trébuchant ;
Lui, Monsieur le Procureur, me payait en mots éphémères
et en mensonges.

J’étais son miroir, son objet de vanité, sa source de plaisir,
Il me prenait,
Il me jetait,
Avec ma bénédiction.

Je me vendais par peur de le perdre.
Je lui donnais mon corps à ronger pour qu’il en extirpe
un orgasme fugace.

Je me suis laissée piétinée par amour.
Je me suis trahie par amour.
Je me suis vendue par amour.

Et par amour pour Moi-Même, Monsieur le Procureur,
Je lui ai planté ce couteau dans le ventre. »





dimanche, 20 janvier 2008

SOCIETE ASEPTISEE

Depuis 5 ans au Maroc, mes escapades en France deviennent des périples en terre étrangère.
Le commun des français semble avoir vécu un conditionnement tel que son sens critique individuel s’est ramolli. Incapable de percevoir l’atteinte à ses libertés individuelles, il accepte avec fatalisme et parfois bienveillance de sombrer dans un monde aseptisé.
Le consentement du fataliste se résume souvent à de petites phrases, reflets d’une pensée populaire mollassonne : « il n’y a pas d’autre alternative » ; « qu’est-ce qu’on peut y faire ? » ; « c’est peut être pas plus mal ».
Le consentement bienveillant possède lui aussi ses sentences, allant du « moi ça m’arrange » au « enfin un peu de réalisme » en passant par « c’est quand même mieux ainsi ».

Au fond, ces deux comportements sont symptomatiques d’une majorité qui se contente de miettes jetées allègrement par de pseudo-politiques  engraissés, au service de PDG obèses. Les uns acceptent les miettes car on leur a fait comprendre qu’il n’y avait d’autre choix, et ils l’ont cru. Les autres se ruent sur leurs miettes car le conditionnement médiatique et populaire les a convaincu qu’elles étaient bonnes pour eux.

L’éducation fait de ses enseignants surdiplômés des VRP de bas étages qui mendient des postes en universités bien au-dessous de leur compétences afin d’échapper aux collèges et aux lycées surpeuplés.
L’éducation publique se meurt : des enseignants écoeurés, des classes surchargées, un niveau en baisse constante.

La philosophie, la littérature, l’histoire et la géographie ne sont plus à l’honneur. Privées de moyens, les postes en universités sont fermés, les débouchés de ces filières se réduisent comme peau de chagrin.

Le système de santé se meurt : des médecins en grève, d’autres, étrangers, payés la moitié du salaire de leurs collègues, des hôpitaux bondés, des internes au statut d’étudiant, exploités, des malades expédiés.

Les dictatures performantes n’éduquent pas et ne soignent pas leur peuple.
Les dictatures gavent leur population d’idées simplistes et l’ endorment à coups de religion, de soap opera ou de jeux.
Les dictatures font croire au peuple que ce qui engraisse les gouvernants l’engraissera lui aussi.
Le problème c’est qu’il n’y a qu’un seul gâteau : PDG et politiques le bouffent laissant au commun des français quelques miettes qu’il savoure en regardant naïvement son marchand de sable favori, la télévision.